Planche d'ambiance de la ligne Paléontologie créée autour des fossiles de trilobites, limules, chimères, sirènes, crinoïde & autres coquillages…

Je crois possible encor que subsiste et revienne,
Conservé par l’abîme ainsi qu’aux jours anciens,
Quelque monstre vainqueur du désastre des siens,
Dernier fils de la faune antédiluvienne.

Jean Richepin, Les Monstres

La ligne Paléontologie est la dixième à voir le jour. Elle vient compléter notre collection de bijoux de curiosités en avril 2021.

Les fossiles, fascinants vestiges d’un ancien monde pétrifié, ont donné matière à toutes les formes d’interprétations possible que l’imagination débordante des humains permet.

Aujourd’hui, ils nous donnent tellement d’informations précieuses sur nos origines, et ce que nous sommes… Voici l’histoire des bijoux fossiles de Res Mirum.

 

FOSSILES ET MYTHOLOGIE

L’intérêt des humains pour les fossiles ne date pas d’hier. On peut aisément imaginer la fascination des premiers humains en découvrant des pierres en forme d’animaux et de végétaux. Des vestiges prouvent qu’on utilisait les fossiles à des fins artistiques il y a déjà au moins 15 000 ans.

Il fallait bien trouver une explication à ces éléments naturels si singuliers. Aussi, de très nombreuses cultures les ont utilisés dans leurs mythologies ; en Chine, au Japon, en Grèce, en Afrique, en Amérique, en Occident…

Pourtant, quelques savants éclairés en avaient déjà bien avant pressenti l’origine ; Pythagore, Hérodote, Aristote entre 300 et 600 ans avant notre ère ; Pline l’Ancien il y a 2 000 ans, ou Shen Kuo en Chine au 9è siècle, notamment.

Les premières hypothèses sérieuses sur leur provenance datent de la Renaissance avec notamment Bernard Palissy et Léonard De Vinci, et leur étude sous une approche véritablement scientifique ne prend forme qu’au siècle des lumières et début XIXème avec notamment Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Georges-Louis Leclerc Buffon, Jean-Baptiste de Lamarck, Georges Cuvier, Mary Anning…. La science prend d’abord pour nom « oryctologie »¹ au XVIIIème, puis « paléontologie » dans les années 1830.

Même si les théories de l’époque sur la manière dont les fossiles se forment sont encore approximatives (voir farfelues), des thèses avancées remettent tout de même en question la manière dont on perçoit la formation du monde, et par conséquent cette science vient profondément bousculer les croyances et les religions. Elle remet par exemple à plat la théorie du créationnisme, et le fait que d’après la bible, la terre aurait 4004 ans d’âge. Elle ébranle les mythes des dragons, des chimères géantes, cyclopes, griffons ou autres créatures fantastiques que les découvertes d’os de dinosaures nous avaient fait imaginer.

Les progrès dans autres disciplines scientifiques, les avancées technologiques (comme la datation au carbone 14 en 1950 par le physicien chimiste Willard Frank Libby) permettent désormais une approche bien plus précise de l’âge des fossiles.

Aujourd’hui, la paléontologie revêt plusieurs formes, est en lien étroit avec d’autres sciences (notamment la géologie et la biologie) et est divisée en de nombreuses sous-disciplines (paléoanthropologie, paléobotanique, paléoécologie…).

 

ÉVOLUTION ET PALÉONTOLOGIE

On estime maintenant l’âge de la terre à 4,54 milliards d’années.

Les fossiles les plus anciens sont des organismes unicellulaires datant de 3,4 milliards d’années.

Un peu plus élaborés, les fossiles d’organismes multicellulaires les plus anciens datent de 2,1 milliards d’années.

Le premier fossile d’animal ayant été trouvé est celui d’un Dickinsonia, qui vivait au fond des océans voici 558 millions d’années.

Le plus ancien fossile d’un animal terrestre est une sorte de mille-pattes ayant 425 millions d’années.

Le plus vieux fossile d’un Homo Sapiens date d’environ 300 000 ans.

Prendre conscience de cette échelle du temps qui s’exprime en centaines de millions d’années, nous permet de mieux accepter une idée a priori invraisemblable, et pourtant fondamentale : à partir d’un seul ancêtre commun, les organismes ont évolué au point de devenir bactéries, végétaux, insectes, poissons, oiseaux, mammifères, et entre autres… Homo Sapiens.

Nummulite ; organisme unicellulaire
bsrg.org

Gabonionta ; organisme multicelluaire

Dickinsonia ; premier animal
scienticamerican.com

Kampecaris obanensis ; premier animal terrestre
geologyin.com

crâne de Jebel Irhoud ; premier homo sapiens découvert

UNE SCIENCE FASCINANTE

La paléontologie nous a permis de découvrir des choses incroyables ; par exemple, que les ancêtres des baleines étaient des animaux terrestres qui sont retournés à l’eau il y a 50 millions d’années !

De cette période passée sur terre, il leur reste aujourd’hui notamment des poils.

Ces poils sont devenus inutiles mais l’évolution ne les a pas encore totalement fait disparaître. Il existe ainsi plusieurs éléments anatomiques inutiles, que l’on appelle des structures vestigiales ; l’humain en possède d’ailleurs plusieurs dizaines, comme les dents de sagesse, l’appendice (pour l’assimilation d’herbes crues), le coccyx (reste de queue)… l’observation de ces éléments aida à comprendre que les espèces évoluent au fil des générations, ce que Darwin compris et démontra dans son ouvrage «l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle» en 1859. À travers le concept d’évolution des espèces, la paléontologie contribua également à appréhender le fonctionnement de la génétique. Ainsi, on comprit notamment que les gènes se transmettent d’une génération à l’autre, et que même si certains entrent en dormance, ils peuvent rester présents dans le patrimoine génétique d’un organisme et se réactiver des millions d’années plus tard. On appelle cela l’atavisme. Ainsi, l’apparition d’un doigt supplémentaire chez un humain, est un atavisme.

Plus récemment, on a pu établir la continuité entre les dinosaures et les oiseaux.

Nous avons découvert 500 000 espèces grâce aux fossiles, mais on estime que seul 0,01 à 0,1 % des animaux se fossilisent. On entrevoit ainsi la quantité vertigineuse d’espèces animales ayant peuplé la terre.

 

DES FOSSILES EXTRAORDINAIRES…

Certains fossiles, particulièrement remarquables, laissent entrevoir un monde à peine imaginable : le plus grand dinosaure, Patagotitan mayorum, mesurant 40 mètres de long et 20 mètres de haut ! Un animal marin, l’ichthyosaure, mesurant 26 mètres… Le serpent titanoboa faisant 16 mètres de long. Une libellule, Meganeuridae, de 71 cm de largeur !

 

…VOIR TROP EXTRAORDINAIRES ?

Très vite, on voit apparaître de faux fossiles. Créés dans un but commercial, ou parfois dans le but bien moins glorieux de tromper des scientifiques pour créditer une théorie.

Les fossiles ayant été créés (par erreur ou volontairement) à partir d’éléments provenant de plusieurs espèces sont appelés des chimères.

Bien sûr, ces artefacts ne présentent pas d’intérêt en termes de paléontologie, ayant accidenté notre compréhension des choses. Mais ils sont intéressants car ils font partie de l’histoire de la science !

De plus, il faut reconnaître que certains faussaires étaient particulièrement talentueux, et certaines de leurs fallacieuses productions relèvent de l’œuvre d’art.²

Pour cette raison, certains bijoux de la ligne Paléontologie reprennent ces chimères (la sirène Homo Piscis, la Chimère de la Mythologie Grecque) et faux fossiles (avec l’étrange ornithorynque).

Ces créatures étranges ne sont pas sans évoquer également la cryptozoologie, qui est l’étude d’animaux dont l’existence n’a pas été prouvée par la science…

 

FOSSILES ET CABINETS DE CURIOSITÉS

Bien évidemment, les fossiles occupent une place de choix dans les cabinets de curiosités de la Renaissance. Ils se retrouvent dans les cabinets d’Histoire Naturelle lorsque ceux-ci apparaissent milieu XVIIIème, avant de finir peu après dans nos Muséums³.

 

COMMENT SE FORME UN FOSSILE ?

Simplifié, le principe est que l’organisme soit enseveli sous des sédiments qui, au fil du temps, sous l’effet notamment de la pression, se transforment en roche.

Puis, généralement grâce à la présence d’eau, des minéraux pénètrent dans l’organisme et cristallisent. Ainsi peu à peu, la matière emprisonnée dans la roche se minéralise. Parfois, l’organisme se fait dissoudre dans le processus, de sorte qu’il ne reste que son empreinte dans la roche.

La minéralisation est un processus qui prend du temps, il faut compter des millions d’années pour transformer véritablement un organisme en pierre. Aussi suivant le temps passé dans ces conditions, la matière organique est plus ou moins minéralisée, et il en reste bien souvent un peu au sein du fossile.

Il faut donc des circonstances bien particulières (et rarement réunies) pour qu’un fossile se constitue, et les parties organiques « dures » ont bien plus de chances de résister à cette opération. C’est pourquoi on trouve beaucoup plus souvent des fossiles d’os, d’arbre, d’escargots, de trilobites, d’ammonites, d’oursins ou de coquillages, par exemple.

 

AU FAIT, QU’EST-CE QU’UN FOSSILE ?

Classiquement un fossile est un organisme vivant transformé en pierre, ou son empreinte dans de la pierre.

Cependant il existe d’autre types de vestiges : des insectes figés dans de l’ambre, par exemple, ou bien des mammouths congelés dans le permafrost, ou encore des restes d’organismes plus récents. Ces éléments ne sont pas minéralisés, mais dans le langage courant on les désigne tout de même par le nom de fossile.

 

LA PALÉONTOLOGIE DE RES MIRUM

Les bijoux Paléontologie représentent certains fossiles caractéristiques : en boucles d’oreilles ou en bracelet, sont représentés le trilobite (très courant et très reconnaissable) et la limule, vieil animal dont l’apparence des espèces encore présentes aujourd’hui est presque identique à celle de leurs ancêtres fossilisés, présents il y a plus de 400 millions d’années !

Des crinoïdes ou Lys de mers (également appelés encrines ou échinodermes) figurent en collier et boucles d’oreilles.

La plupart des bijoux reprennent des fossiles de coquillages, d’oursins, d’échinodermes et comatules… ils sont représentés tous ensemble creusés dans la pierre, évoquant les blocs de roches sédimentaire dans lesquels on les trouve. Ils sont présents en boucles d’oreilles, colliers et anneaux.

La fougère, végétal présent sur terre depuis près de 400 millions d’années et qui donne de magnifiques fossiles, est utilisée également dans la plupart des bijoux de la ligne pour sa présence sur les sublimes balcons de la galerie de Paléontologie du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, enlacée à l’aide de cordes.

L’incontournable ammonite est notamment déclinée en bague.

Des faux fossiles sont également présents : sur une bague figure un squelette de fœtus de sirène…

Sur un bracelet, figurent les restes fossilisés de la Chimère, allégorie des fossiles artificiels (les chimères) évoqués plus haut, et du monstre de la mythologie grecque ; un pendentif représente un ornithorynque, animal tellement étrange qu’il a été considéré comme une chimère lors de sa découverte par la communauté scientifique.

L’ornithorynque ; cet animal fantastique
gurumed.com

Ammonite déroulée Helicancyloceras paleo17.blogspot

La chimère d’Arezzo
statuette étrusque du Ve siècle

LES BIJOUX PALÉONTOLOGIE

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